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La Vouivre

 

Courgenay n'a pas l'exclusivité, on retrouve cet animal dans de nombreuses armoiries: ajoulotes, valaisannes et franc-comtoises.

Selon les légendes, cette dernière est issue d'un serpent, sa taille peut varier, elle a deux grandes ailes de chauve-souris. Ce qui lui donne toute son importance, c'est qu'elle porte au front une grosse pierre précieuse d'une valeur inestimable. La légende raconte que la vouivre dépose cette pierre, appelée escarboucle, lorsqu'elle s'abreuve ou qu'elle se baigne, celui qui pourrait en prendre possession serait alors riche, en bonne santé et heureux à jamais. On dit aussi que ce diamant brille tellement que lorsque la vuivre se déplace la nuit, cela laisse une trainée de feu derrière elle. Elle vit a proximité de ruisseaux, sources, prairies, elle apprécie les lieux peu habités comme les marais, les grottes (Saint-Nicolas???). C'est principalement le soir que l'on peut l'apercevoir, à heure fixe, lorsqu'elle va se nourrir et jouer dans l'eau. Elle n'est pas dangereuse, par contre elle pourrait devenir féroce et sans retenues devant l'imprudent qui essaierait de lui voler son escarboucle.


La légende:

Un chasseur, valet de ferme, usa d'un stratagème ingénieux afin d'atteindre son but. Placé à l'affût à l'endroit où la bête s'abreuvait, il se glissa à l'intérieur d'un tonneau hérissé de pointes d'acier et pourvu d'une petite porte qui lui permettait de passer la main. Ainsi protégé, il attendit la bête. Seul avec son angoisse, il vit poindre dans cette nuit sans lune, l'éclat inquiétant de l'oeil de la vouivre. Sa vie défila en un court instant dans son esprit, le temps pour la bête de se laisser glisser du sommet de l'épicéa où elle s'était jusqu'au bord de la mare glauque.

Il se rappela pourquoi il était là, et pourquoi il risquait sa vie et son âme dans cette chasse diabolique. Valet de ferme sans fortune et sans éducation, il avait obtenu la considération et l'affection de son patron.

Cet homme affable mais seul dans la vie, en avait fait son légataire universel au même titre que s'il avait été son propre fils. Les heures et malheurs, avaient réduit ce bon paysan à l'état d'invalide. Malgré les "secrets" divers, rien ne soulagea ce brave homme de sa peine. Il fallait agir car la mort approchait. Que restait-il comme alternative sinon l'oeil de vouivre afin de soulager son bienfaiteur et père de coeur. C'est ainsi qu'après moultes réflexions sur la stratégie à adopter, le valet opta pour cette solution.

La bête, posée sur la berge, confiante dans sa puissance, ôta son fameux oeil et le déposa à côté d'elle. Se penchant pour s'abreuver, aveugle, elle ne put remarquer la petite porte du tonneau entrebâillée. Le valet empocha prestement l'objet de sa quête et s'enferma aussitôt dans sa petite fortification. Rendue folle furieuse par la perte de son précieux organe, la vouivre voulu s'attaquer à son voleur. Le stratagème du valet se révéla d'une redoutable efficacité. La bête, enlaçant le tonneau à la manière d'un serpent, déchira sa peau sur les pointes d'acier. Elle s'enfuit en hurlant sa rage après une nuit de cauchemar passée à chercher une faille dans la petite place forte.

Moulu de fatigue, mais fier et heureux, le valet se précipita au chevet de son bienfaiteur dans cette aube froide et brumeuse. Arrivé à son chevet, il soigna ce dernier à l'aide de cette pierre brûlante, luisante de son inquiétant éclat. Par une sorte de miracle, le paysan retrouva l'usage de ses jambes. Une période de prospérité s'ensuivit pour les deux compères et ils connurent de longues années fastes. Au village, on sut qu'ils étaient possesseurs de l'oeil magique. Leur richesse augmentait de façon si considérable, que le miracle de la guérison fit des gorges chaudes. Ils devinrent des notables connus chez qui l'on se rendait souvent car ils ne manquaient jamais de faire preuve de générosité pour leurs semblables.

Un jour qu'une délégation villageoise venait présenter ses doléances, quelle ne fut pas leur surprise de ne voir personne s'activer, comme à l'accoutumée, autour de la ferme. Le plus hardi de ces commensaux, après avoir donné de la voix, se décida à entrer. Il découvrit une bien sombre scène. Les corps des deux compères étaient étendus, sans vie, sur le sol. Les visages cyanosés, les corps écrasés comme par les anneaux d'un terrifiant serpent. Une bataille terrible semblait avoir eu lieu. Les villageois recherchèrent en vain dans toute la maison le fameux oeil. Il demeura introuvable.

La vouivre était venue récupérer son bien. Elle avait fait payer le prix fort à ses voleurs. Aujourd'hui, en pleine possession de ses moyens, elle continue de hanter les cimes des épicéas et les berges de sa mare glauque. Les villageois la craignent et il n'est plus venu à l'idée d'aucun d'entre eux de la chasser pour son oeil.

La Vouivre
 

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